INTERLOPE
La sentence de la fédération internationale de football dans l’affaire Zidane - Materazzi, rendue hier à Zurich, devrait mettre un point final au feuilleton qui a passionné les foules depuis la finale de la Coupe du Monde. En coupant la poire en deux, la FIFA a subtilement voulu contenter tout le monde sans se fâcher avec personne. Un numéro d’équilibriste diversement apprécié
Le verdict de la FIFA, c’est la boîte de Pandore. En l’ouvrant, hier à Zurich, la fédération internationale a laissé échappé toutes les interprétations possibles et imaginables. La presse anglo-saxonne excelle dans la diversité des commentaires, quelque fois ironiques.
Pour commencer, le Telegraph estime que Zidane a gagné sur deux tableaux créant un double précédent. D’abord, c’est la première fois qu’un joueur suggère la forme de sa sanction et sa proposition est acceptée, celle «des activités humanitaires en faveur des enfants et des adolescents». Ensuite, poursuivi pour un acte de violence, il a réussi à faire condamner l’auteur d’une provocation verbale. Du jamais vu, explique le journal, qui «donnera des idées, dans le futur, aux footballeurs épinglés pour agression sur le terrain. Ils pourront désormais prétexter qu’ils ont été provoqués, réclamer un allégement de leur sanction ou s’assurer que leur victime sera aussi punie».
«Chambrer l’adversaire va-t-il désormais être interdit ?» se demande le Guardian qui trouve la sanction de Materazzi inéquitable. «Si la réponse est non, qu’a dit Materazzi de si insultant pour mériter une punition? Quelle est la ligne jaune à ne pas franchir? Et comment une ligne jaune peut-elle être dessinée dans une zone intrinsèquement floue?» se demande le journal en rappelant que la punition de l’Italien le privera de jouer à Paris, le 6 septembre prochain, en éliminatoires de l’Euro 2008.
«Si son remplaçant excelle sur le terrain, Materazzi, privé des deux prochains match sous le maillot italien, pourrait perdre sa place au sein de la Squadra Azzura », renchérit le New York Times qui est d’avis, lui aussi, que le verdict de la FIFA est plus dur pour le footballeur en activité que pour Zidane, dont la suspension est toute symbolique puisqu’il a annoncé sa retraite et que les amendes sont aussi insignifiantes pour la poche de l’un comme pour l’autre.
Enfin, le Times qui titre «Zidane et Materazzi se partagent les tords dans une fin de saga cafouilleuse» choisit le registre de l’humour pour clore définitivement le feuilleton de l’été. Pour imaginer le type de travaux d’intérêt général auxquels Zidane s’est porté volontaire, l’article suggère qu’il pourrait, «entraîner Trézeguet à tirer des penalties, servir de mannequin dans les crash-tests automobiles: un des aspects impressionnants de son coup de tête fut qu’il ne s’est pas blessé à la nuque» ou enfin «s’engager comme animateur pour enfants: avec un tempérament si enfiévré, Zidane est fait pour gérer les anniversaires (…) il saura remettre à leur place les petits garçons mal élevés qui tirent sur les couettes des filles». Personne n’est, évidemment, obligé de rire.
by
noel_basile
2006-07-21 02:58
Zidane