L'entrée officielle en campagne présidentielle du ministre de l'Intérieur et président de l'UMP ne trouve pas d'échos favorables à l'étranger, francs ou exempts de critiques
Ils ne sont pas d'accord entre eux si ce n'est sur l'ambiance générale qui régnait hier Porte de Versailles. La presse anglo-saxonne dans son ensemble a été frappée, à l'exemple du Washington Post, par un meeting d'intronisation qui a concentré «toutes les grosses ficelles d'un barnum électoral américain avec t-shirts et bannières Sarkozy, pancartes et drapeaux, tambours, trompettes et autres instruments bruyants, confettis et bombes de neige, discours interminables et militants réjouis». Un peu mesquin mais l'essentiel reste dans les commentaires du discours et son décryptage.
Apparemment, le candidat désormais officiel de l'UMP a suffisamment ratissé large pour que chacun y trouve son compte, en tout cas, son angle d'attaque. Si le Times retient ainsi dans les engagements exprimés à la tribune par Nicolas Sarkozy «un manifeste aux accents blairistes concentré sur le travail et la responsabilité personnelle», l'envoyée spéciale du Guardian a décelé, elle, «les promesses d'une nouvelle France faites à des entrepreneurs décomplexés et une révolution thatchérienne promise à ceux, prétentieux, qui ont accédé depuis peu à la propriété». Entre Blair et Thatcher, convenons en, l'écart est large.
Le même Guardian, dans une opinion consultable sur son site internet, met en garde sur un ton plutôt grave la classe politique britannique, de gauche et de droite, qui semble préférer Nicolas Sarkozy à Ségolène Royal comme futur interlocuteur à l'Elysée. «Monsieur Sarkozy», tonne le billettiste du journal classé à gauche, «provocateur et impitoyable, à travers son discours combinant un populisme anti-immigré, un conservatisme propre à satisfaire la classe moyenne et une défense de la dérégulation économique, n'offre pas le modèle idéal du dirigeant européen du 21ème siècle».
Aussi sévère avec Nicolas Sarkozy sinon plus, le Financial Times pourtant bien à droite lui conseille de «prouver désormais qu'il est un homme politique cohérent et non seulement un brillant populiste avec un talent naturel pour l'auto-promotion». Le journal de référence des banquiers de la City estime que le candidat UMP a besoin de rassurer les électeurs en démontrant qu'il est autre chose qu'une «figure inquiétante à la recherche du pouvoir personnel». En résumé, «il doit convaincre qu'il veut le pouvoir pour le bien de la France et pas simplement pour le bien de Nicolas Sarkozy», prévient gravement le Financial Times sans une once d'humour (britannique) dans la voix.
Les flonflons de la fête hier Porte de Versailles ne semble pas avoir déridé ni les uns ni les autres. Mais tout espoir n'est pas perdu, la campagne ne fait que commencer.
by
noel_basile
2007-01-15 02:40
Sarkozy