A Nahr al-Bared, il y a d'abord le drame des Palestiniens pris au piège dans la guerre que mène l'armée libanaise pour mettre hors d'état de nuire les extrémistes du Fatah al-Islam, le groupe islamiste qui s'est retranché parmi la population civile dans ce camp de réfugiés situé au nord du Liban. Mais le fait marquant, sur le plan politique, reste la décision des deux principaux dirigeants locaux de la communauté palestinienne, Abbas Zaki au nom de l'OLP et Sultan Aboul Aynaïn sous l'étiquette du Fatah, d'autoriser l'armée libanaise à pénétrer à l'intérieur du camp de Nahr al-Bared, à condition que les civils soient auparavant évacués. C'est la première fois que les Palestiniens brisent le tabou érigé par les accords du Caire de 1969 qui interdisent toute intrusion des forces de sécurité libanaise au sein des camps palestiniens. La démarche des leaders palestiniens leur en coûte, sans doute, mais ont-ils vraiment le choix? Leurs compatriotes sont pris en otages et si le Liban ne met fin aux exactions du Fatah al-Islam, ils risquent, Palestiniens et Libanais, de vivre dans un nouvel Irak. Ce que ni les uns ni les autres ne souhaitent.
by
noel_basile
2007-05-24 03:07
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